VIN CHAUD : ROUGE NATIONAL ET PARFUMS D’EPICES
Michel Creignou – 20 Février 2012
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Le vin chaud ne serait-il qu’un remède destiné à réchauffer un corps transi par les frimas hivernaux ? Le gourmand qui défendrait cette cause devrait confesser le péché d’omission. Le vin chaud est évidemment bien autre chose… Un somptueux prétexte pour le plaisir…

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En combinant, un rouge national et des épices venues du bout du monde, le breuvage dessine d’autres vertus et aiguise le bonheur du présent. Le nez riche, expansif et baroque, une bouche sensuelle et gourmande se mêlent pour composer un accord aussi réconfortant que souverain. L’idée n’est pas neuve, elle raconte même une vieille histoire. Celle d’Apicius, le cuisinier de l’empereur Tibère qui donne la recette d’un vin chaud au miel et aux épices dans lequel il ajoutait du safran, du nard (les racines d’une plante), du mastic (une résine) et des dattes. Durant le Moyen-Age, la ville de Montpellier était justement réputée pour son vin blanc aux épices qui était connu sous le nom de garhiofilatum, un nom qui faisait référence au clou de girofle.
 

LE VIN

Bien entendu, la première question qui se pose est : “quel vin choisir?”. Évidemment pas un grand cru qui y perdrait son âme. Pas un vin trop tannique non plus qui se battrait avec les agrumes. Le rouge retenu doit être franc, pas trop acide, un vin fruité, gouleyant qui ne se pousse pas du col. Un rouge de gamay de la Loire ou du Beaujolais, un grenache du Languedoc, un pinot noir pas trop vif, autant de vins qui devraient convenir à la bonne tenue d’un vin chaud.
 

LES ÉPICES

Les parfums, les saveurs et le feu des épices vont venir aiguiser le vin et lui donner tout son relief. Certaines comme la cannelle, l’anis étoilé que l’on appelle badiane, le clou de girofle et la muscade constituent la base indispensable pour composer une harmonie première. Ensuite, le goût personnel peut hausser les tonalités et apporter une inflexion bienvenue. Pensez à la cardamome, au poivre noir et au poivre du Sechouan. Un petit morceau de gingembre frais, finement râpé peut aussi donner une touche de fraîcheur. La réussite du mélange passe par la perception d’une harmonie. Pas une épice ne doit dominer les autres. L’impression doit être complexe et fuyante, généreuse et merveilleusement fondue.
 

LES FRUITS

La note de vivacité, de fraîcheur mais aussi la pointe d’amertume viendra des agrumes. Deux courants s’opposent certains préconisent de couper l’orange et le citron en tranches pour conserver la chair des fruits. D’autres ne retiennent que la peau qui contient les huiles essentielles. Et les plus raffinées passent ces peaux (des bio bien sûr !) au four pour concentrer les arômes. Finalement, ce pourrait être la bonne méthode. Après tout, un vin chaud n’est pas une sangria.
 

LA RECETTE

C’est une marche à suivre, une recette classique qui fait appel à un mélange traditionnel. A partir de là tous les ajouts sont possibles…
 

1 bouteille de vin rouge
125 gr de sucre
1 étoile de badiane
1 bâton de cannelle
3 clous de girofle
Une pincée de muscade
3 zestes d’une orange non traitée
1 zeste d’un citron non traitée

 

Versez le vin dans une casserole, ajoutez l’étoile de badiane et portez le tout jusqu’au frémissement, le vin ne doit pas bouillir. Ajoutez alors le sucre, les épices et les zestes d’agrumes. Mélangez avec une cuillère en bois et laissez frémir pendant 15 minutes. Filtrez le vin et servez dans des verres à bord épais.
 

LE VIN BLANC CHAUD

Le rouge n’est pas obligatoire… Le vin blanc peut constituer une excellente base pour un vin chaud. Pensez au gewurztraminer qui signifie “épicé” ou au chardonnay qui délivre naturellement des arômes d’agrumes.