QUI VIVRA, VEYRAT !
 

Ca se chante :
Il a un grand chapeau noir
Vive Veyrat le savoyard…
Le revoilà, après bien des péripéties.

Marie-Caroline MALBEC

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Son restaurant entouré de quelques chambres, construit face au Mont Blanc, perché tout en haut de son village de Manigod, au Col de la Croix Fry, ouvert fin 2013, a entièrement brûlé au printemps 2015.

Cet endroit, c’était le rêve de sa vie, son retour aux sources.
 

Et il faut avouer que c’était magnifique, rempli de ce « petit je ne sais quoi » que Marc a toujours su mettre dans toutes ses maisons, qui les rendait si attachantes, si évidentes. Il n’a fallu que quelques heures pour que ce bel édifice soit réduit en cendres.

Mais il en faut plus que ça pour l’abattre !

Il s’est déjà relevé du terrible accident de ski qui l’avait cassé en mille morceaux et mis sur le carreau en 2006, le forçant à arrêter son métier en 2009 !

Les braises à peine éteintes, il s’est remis à la tâche, de plus belle.

Et voilà, c’est fait, la Maison des Bois se dresse, dans toute sa splendeur, au milieu des montagnes, entourée du petit monde de son enfance recréé presque à l’identique, potagers, vergers, jardins botaniques, étang, et pour habiter ce paradis retrouvé, 5 vaches laitières, des moutons, des poules et des poissons d’eau douce.

Le restaurant est au centre, entouré de sept ravissantes chambres, dont deux chalets, d’un spa, taillé dans la roche et d’un conservatoire alimentaire reconstitué sur 100 mètres, sous la roche.

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Il faut quand même le dire, il est un peu mégalo, le Marco et rien ne peut le faire reculer dès lors qu’il a décidé d’une chose. Aussi gigantesque soit-elle…

Le projet lui a grignoté, plus sûrement que le petit écureuil de la Caisse d’Epargne, toutes ses économies. Mais il est le plus heureux des hommes.

Marc Veyrat aime la terre et la nature, passionnément.
 

C’est cette passion qui lui permet, tel le Phénix, de toujours renaître de ses cendres, à chaque fois un peu plus fou mais toujours plus fort.

Mais parlons cuisine, quand même, on en oublierait presque qu’il est cuisinier tant il s’est transformé en bâtisseur tous ces derniers mois. Pas n’importe quel chef, Marc Veyrat , le premier à avoir cumulé 3 étoiles dans 2 restaurants, (depuis c’est courant), le seul à avoir eu 20/20 au Guide Gault et Millau, il a été encensé par tous les critiques du monde, adoré autant que détesté (l’apanage des grands hommes), ultra médiatisé, copié et recopié.

La nature a toujours été son inspiration, son modèle, cet autodidacte a inventé une cuisine qui ne ressemblait à aucune autre, faite d’herbes, d’odeurs, de matières organiques, de couleurs, de glace, de feu, de vent, de nuages et de soleil, de tous ses souvenirs et toutes ses impressions d’enfance. Sa palette de cuisinier est unique et intense.

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Il s’est tout permis, et il a réussi au-delà de ce qu’il aurait pu imaginer.

C’est ça le talent, cette capacité à transformer tout ce qu’on a emmagasiné et à le retranscrire dans une expression indiscutable, quelle qu’elle soit.

Aujourd‘hui, il propose une nouvelle cuisine pastorale, minérale et biologique. Ça veut tout dire… et avec lui on peut s’attendre à tout.
 

Ce chercheur inlassable, ce passionné du beau produit, ne sait sans doute même pas lui-même les recettes qu’il va inventer, tant il crée dans l’instant, improvisant totalement avant de peaufiner.

En tout cas, je peux vous dire que, moi, je ne vais pas tarder à aller m’attabler à La Maison des Bois et à me laisser embarquer dans un voyage gustatif intense et électrisant, entrecoupé de crises de fous rires provoquées par mon ami Marco, ce chef hors du temps, qui en plus d’être un grand cuisinier est un des hommes les plus drôles et les plus attachants que je connaisse.

La Maison des Bois
Chemin Rural de Manigod au Col de la Croix Fry