Avec 36 000 nouveaux cas et 16 000 décès chaque année en France, le cancer colorectal est le plus fréquent des cancers après celui de la prostate ou du sein et il est la deuxième cause de décès par cancer (après le cancer du poumon).
Il est par ailleurs en constante augmentation et, fait notable, essentiellement prégnant dans les pays occidentaux (l’Asie, Amérique Latine et surtout l’Afrique ont un risque jusqu’à trente fois plus faible).
Une très grande proportion des cas de cancer du colon sont reliés à notre mode de vie, comment l’éviter et le prévenir par l’alimentation ?
A quoi sert le colon ?
Le colon (ou gros intestin) est la partie terminale du tube digestif et est le site de stockage des résidus de la digestion. C’est là que les bonnes bactéries de la flore intestinale fermentent, putréfient et recyclent les déchets afin de les détoxiquer et d’en retirer les derniers nutriments. Mais les excès alimentaires, les stress, la sédentarité modifient radicalement l’équilibre de ce fragile écosystème. Mal digérés et insuffisamment transformés les restes alimentaires génèrent alors une flore intestinale pathogène : parasites, microbes, candida, mycoses trouvent là les conditions favorables à leur développement. Outre la gêne digestive parfois ressentie (inconforts, ballonnements, ventre gonflé…) ce déséquilibre de la flore entraîne l’*auto-intoxication intestinale de l’organisme*. On peut dire que la flore intestinale est le pilier de notre santé puisqu’elle agit entre autre sur : la dégradation des aliments, la suppression des toxines, la synthèse de certaines vitamines, la protection de la muqueuse intestinale, la dégradation finale des glucides (colon droit) et des protéines (colon gauche) et surtout l’immunité.
Comment apparaît le cancer du colon ?
Avec peu de signes cliniques (perte de poids, fatigue, trouble du transit récent passé la cinquantaine…), le cancer du colon apparaît vers 70 ans voire avant selon les facteurs individuels (hérédité, polypes…). Il prend plusieurs années à se former et se fait habituellement à partir de polypes dont 10% peuvent devenir cancéreux. Ces transformations s’effectuent sur plusieurs années : le délai moyen entre l’apparition d’un polype et sa cancérisation est de 9 ans. Leur destruction systématique permet d’empêcher l’apparition des cancers dans 80% des cas.
L’importance du dépistage
Mars a été le mois de la prévention du cancer du colon en France avec une grande campagne de sensibilisation au dépistage. En effet, à un stade très précoce, le cancer colorectal peut être facilement guéri avec un taux de survie à 5 ans de 94% alors qu’en stade très avancé ce taux chute à 5%. Or, avec peu de symptômes marquants, ce cancer est encore souvent détecté trop tardivement. Aussi tous les spécialistes soulignent l’importance du dépistage des tumeurs non cancéreuses et cancéreuses, le polype étant une tumeur non cancéreuse. Le dépistage est simple, rapide et conseillé à partir de 50 ans voire 40 chez les personnes à risque (antécédents personnels ou familiaux, maladie inflammatoire de l’intestin, diabète…). Parlez-en à votre médecin qui pourra vous donner un kit de prélèvement s’il le juge utile.
75% DES CANCERS DU COLON SONT LIES A L’ALIMENTATION : COMMENT LES PREVENIR ?
Liste rouge des comportements à risque
Le tabac, la consommation d’alcool excessive, l’obésité et le surpoids, la sédentarité, une alimentation riche en viande rouge, en charcuterie, en grillades et pauvre en fruits et légumes, le manque de lumière naturelle sont parmi les risques cités en premier lieux et fréquemment recensés par les scientifiques.
• Consommer de la viande rouge et des graisses saturées avec un antécédent de cancer du côlon implique 3 fois plus de récidives.
• Plus de 2 verres de lait par jour dans l’enfance entraînerait 3 fois plus de risques de cancer du colon à l’âge adulte, d’après une étude publiée dans l’American Journal of Clinical Nutrition en 2007
• La consommation de viande rouge et d’alcool augmente de 20 % les risques. Limitez votre consommation d’alcool et privilégiez les vins durant le repas (jusqu’à 1 verre par jour pour les femmes et 2 pour les hommes).
• 6,5 grammes d’acides gras trans par jour augmente de 85% les risques de polype du colon par rapport à une consommation de 3,6 grammes. Les acides gras trans sont présents dans les viennoiseries, les fritures, les gâteaux industriels, les préparations industrielles tels snacks, chips, gâteaux…. De nombreux pays légifèrent pour les supprimer ou diminuer.
• Limiter les aliments à index glycémique élevés (sucre blanc, farine et pain blanc, viennoiseries, riz blanc, boissons sucrées, desserts sucrés…) qui entraînent la libération d’hormones comme l’insuline ou le facteur de croissance qui à leur tour stimulent les facteurs d’inflammation et la croissance des cellules cancéreuses. Pour privilégier des aliments à index glycémique bas privilégiez du pain ‘multi-céréales’, des pâtes complètes, du riz complet, du couscous complet, du quinoa, du sarrasin, seigle, avoine, farine de lin.
Hit parade des comportements à privilégier
• 4 heures d’activité physique par semaine : - 44% de risques
• Consommation régulière d’omégas 3 : - 40% de risques
• 1 à 2 heures de marche par semaine : - 30% de risques
• Consommation importante de légumes. - 20 à – 50% de risques
• Une bonne teneur en vitamine B6 : - 20 à – 50 % de risque.
• Un taux suffisant de vitamine D : Baisse significative non chiffrée
• Frugalité : mangez moins et sortez de table avec une légère sensation de faim. Evitez les grignotages.
6 aliments anti cancer du colon
• Parmi les légumes les plus actifs contre ce cancer, le Dr Béliveau conseille de consommer des légumes crucifères dont le brocoli et ceux de la famille de l’ail et de l’oignon. Ces légumes réduisent la quantité de substances cancérigènes formées par les bactéries de notre flore intestinale et certaines molécules ont aussi la capacité de tuer des cellules cancéreuses déjà en place.
• Les lignans, catégorie de fibres présentes en quantités élevées dans les graines de lin et de tournesol et dans certaines noix.
• Le curcuma est un puissant inhibiteur du développement du cancer du côlon.
• L’ail : via un de ses composés ‘le disulfure de diallyle’ qui empêche le développement et la prolifération de cellules cancéreuses du colon. Une consommation régulière d’ail diminuerait le risque de cancers digestifs dont celui du côlon.
• Le lycopène : plus connu dans la prévention du cancer de la prostate, cet antioxydant présent dans les tomates pourrait réduire le risque de cancer du côlon.
• Oignons et curry. La quercétine de l’oignon stoppe la progression des cancers du colon.
Sources
‐ Site internet ‘infocancercolorectal.com’.
‐ Cancer et médecines complémentaires , Cécile Baudet, Alternatives santé
‐ Prévenir et vaincre le cancer, Jean-Pierre Willem
‐ Anticancer, prévenir et lutter grâce à nos défenses naturelles, David Servan Schreiber, Robert Laffont
‐ Les omégas 3 réduisent le risque de cancer colorectal, site Guérir.
‐ Cancer du colon : changer ses habitudes peut faire une différence, Dr Richard Béliveau, site Guérir.
‐ Site ‘La nutrition’.
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